Mardi 2 octobre 2007. Enfin, c’est commencé. J’ai eu mes trois premiers cours de théâtre. Ça faisait partie de mes projets depuis plusieurs mois – si je ne peux pas dire plusieurs années déjà – et j’ai enfin décidé à me lancer dans le vide. Parce que c’est un peu comme ça que je voyais ça : un saut dans l’abîme. Maintenant que j’ai plongé, je respire mieux et j’apprends à nager.
Je réalise que je ne m’étais pas trompé : « jouer » est l’une des façons les plus efficaces d’augmenter la confiance en soi, d’améliorer l’affirmation de soi et par conséquent, de rehausser l’estime de soi. Michel Paquin (notre prof du CTC), même s’il n’est pas un psychologue ou un intervenant psychosocial, nous fait effectuer des exercices de jeu dignes des meilleures thérapies de groupe de croissance personnelle ou d’entraînement aux habiletés de communication et d’affirmation de soi.
Jusqu’à maintenant, nous avons dû nous mettre dans la peau de multiples personnages (enfant, vieillard, policier, schizophrène, prêtre, etc.), exprimer différentes émotions avec notre corps (joie, colère, honte, peur, etc.), expérimenter des pôles relationnels extrême (jouer l’agresseur ou la victime), se mettre dans la peau d’un aveugle et faire confiance à soi-même et aux autres (un guide qu’on connaît à peine), se pratiquer à prendre beaucoup de place (jouer de façon ouverte plus expansive, en majeur) ou moins de place (jouer de façon fermée, plus introvertie, en mineur), etc.
Sur un plan psychologique, tout cela nous a permis de faire des « jeux de rôle » (une technique comportementale-cognitive) qui permettent, entre autre chose, l’intégration des habiletés générales de communication, particulièrement celle qui consiste à faire en sorte que notre communication non-verbale appuie et renforcisse notre communication verbale. Cette habileté est essentielle autant pour un comédien que pour toute personne désirant développer une communication plus efficace. Si notre ton de voix, la position de notre corps ou les gestes que l’on fait illustrent parfaitement nos paroles, nous avons plus de chance de nous faire comprendre.
De plus, le fait de côtoyer régulièrement un groupe d’inconnus dont le seul point commun est de vouloir faire du théâtre, nous permet de vaincre une partie de notre gêne sociale : en effet, cette anxiété qui se caractérise par une peur de se sentir ridicule ou d’être jugé par les autres disparaît rapidement à force de faire, avec et/ou devant les autres, des choses complètement… ridicule ! C’est une véritable désensibilisation systématique ou une exposition in vivo (d’autres techniques comportementale-cognitive que je décris ailleurs) à toutes les situations sociales pouvant être anxiogène : parler en public, commencer, entretenir ou terminer une conversation, dire non, répondre ou faire des critiques, exprimer clairement ses émotions, donner spontanément son opinion, être observer par quelqu’un, communiquer avec des inconnus, etc.
Et que dire de cette possibilité de rencontrer de nouvelles personnes intéressantes et de partager avec eux de nouvelles expériences enrichissantes.
Que dire, enfin, de cette merveilleuse opportunité de se révéler… à soi-même.
Personnellement, je me suis surpris à songer – à espérer même – jouer un grand rôle comme celui de Cyrano de Bergerac. Je peux toujours rêver… ça ne me motive que davantage à continuer.
Merci Michel, merci Vincent, merci la gagne, pour tous ses bons moments passés, présents et à venir… Je ne peux souhaiter, à tous mes psycopains anxieux, qu’une aussi belle et enrichissante expérience d’actualisation de soi.
Commentaire anonyme sur mon blog
Le psy se fond dans la peau de ses personnages, il veut aller en eux mais par la voie (voix ?), se projeter en projetant leurs émotions, leurs tics, leurs vibrations... Le témoin se fait acteur. Quelle belle idée !!! Te connaissant, ça me touche ! Bravo !

