Drapeau du Québec

L’indépendance, c’est juste normal

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Quand on parle d’une société, on parle de choses compliquées où rien n’est tout noir ou tout blanc mais tout est plutôt un confus mélange de teintes de gris.

Ramenons donc ça à quelque chose de plus simple et surtout, de plus humain : une société, c’est comme une famille, mais à grande échelle. Il y a...

  • les parents, qui détiennent l’autorité et, dans l’idéal, la responsabilité (les gouvernements);
  • les grands-parents, qui n’ont plus tout à fait l’autorité ni la responsabilité mais qui restent tout de même dans le décor à donner leur avis sur tout (les têtes d’affiche « retraitée » des différents partis);
  • les mon’oncles aux mains longues et vagabondes, qu’on préfère ne pas voir de trop près (dirigeants d’entreprises et institutions diverses exerçant parfois un pouvoir officieux);
  • les cousins éloignés, qu’on ne voit qu’une fois l’an mais qu’on aime bien quand même (partenaires internationaux);
  • et puis les frères et sœurs avec qui on se chamaille tout le temps mais qui sont toujours là avec nous, bon an mal an, et qu’on n’ose pas avouer qu’on les aime quand même un tout petit peu (les autres provinces).

Voilà, c’est un beau tableau à voir, comme ça, tout ce petit monde rassemblé autour de la table à Noël ou au Jour de l’An. Mais le restant de l’année, on grandit, on évolue, on change. Vient un temps où, même si on aime encore notre famille, ce cadre devient trop serré et finit par irriter là où ça coince. On veut alors devenir maitre de notre propre foyer (si si, maître chez nous), vivre à notre façon, selon nos règles et nos valeurs. C’est juste normal en fait.

Mais même si on en a envie… Non, même si on en a besoin, ça nous fait peur. Certains, parents ou jeunes adultes, trouvent ça plus facile s’ils accumulent assez de colère et de chicanes pour que ça fasse oublier la peur. D’autres se disent qu’ils vont juste attendre un peu, le temps de ramasser les ressources nécessaires et d’être assez solides pour survivre, mais ça aussi, c’est juste de la peur et ça devient carrément malsain si ça s’éternise trop longtemps.

Comme la plupart des décisions importantes (avoir un enfant, se marier, etc.), voler de nos propres ailes n’est pas une décision froide, réfléchie et rationnelle. C’est d’abord et avant tout une décision du cœur. C’est l’un de ces cas où c’est la raison qui se met au service du cœur pour concrétiser ses aspirations légitimes.

Oh, ça ne se fait pas nécessairement sans larmes, sans cri ou sans douleur. Mais on en ressort plus fort, plus solide et grandi. C’est une étape nécessaire pour atteindre son plein potentiel et s’épanouir. Parfois, on a besoin des amis et parfois même, de la famille; mais ce n’est plus alors une dépendance ou une relation hiérarchique, c’est un échange entre partenaires ayant une relation privilégiée. Ça fait toute la différence.

En fait, ce besoin d’indépendance, d’émancipation, de voler de nos propres ailes, c’est si fort que même un déficient intellectuel (sans vouloir les offenser) le sait et le ressent, même si ça peut arriver plus tard pour lui que pour d’autres. Et si, dans son cas, il est pris à devoir faire avec les limites physiologiques de son cerveau, nous, comme société, nous avons un peu plus de chance. Si notre tête (dirigeante) ne se met pas au service du cœur (le peuple) pour concrétiser ses aspirations légitimes, on peut toujours songer à la changer… Mais ça, c’est un autre débat.

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